LOPPSI : Brice Hortefeux ne veut pas jouer les Christine Albanel
Le canard Enchaîné révèle que la LOPPSI pourrait se voir repoussée. Réflexion, consultation ... deux notions qui ont échappé à Christine Albanel mais que Brice Hortefeux souhaite placer en amont de son action pour ne passe lancer à tête baissée dans un HADOPI bis.
Brice Hortefeux est décidément différemment cortiqué de Christine Albanel. L'exemple de la calamiteuse gestion du dossier HADOPI aura eu pour conséquence directe de faire réfléchir Brice Hortefeux sur le contenu du texte actuel de la LOPPSI. Selon le Canard Enchainé, « Le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, s’apprête à envoyer au panier une œuvre phare de Michèle Alliot-Marie, qui l’a précédé Place Beauvau. La loi d’Orientation pour la Performance de la sécurité intérieure (“Loppsi”), que Nicolas Sarkozy avait promis, le 15 janvier dernier, de faire voter “rapidement”, vient ainsi d’être retirée de l’ordre du jour du Parlement. Brice Hortefeux a annoncé à Matignon sa volonté de revoir une bonne partie du texte. “Il faut que l’on poursuive le travail avant de venir devant le parlement” a confié le ministre à ses troupes, en “insistant sur le volet prévention”.
En clair, la session extraordinaire de Septembre qui devait inaugurer en grande pompe ce texte déjà unanimement décrié des internautes pourrait bien être reportée aux calendes grecques, le temps pour le ministre de comprendre les enjeux du volet numérique de ce texte dont nous sommes de plus en plus nombreux à parler sur la blogosphère et dans la presse.
La méfiance de Brice Hortefeux tranche étrangement avec l'attitude de la rue de Valois qui persiste et signe dans la présentation d'un texte toujours aussi inconstitutionnel et toujours plus répressif.
Pour LOPPSI, pas de droit à l'échec, les enjeux sont bien trop importants, la lutte contre la cybercriminalité est une nécessité et il serait mal venu que le texte ne subisse le même sort qu'HADOPI. Le téléchargement à la petite semaine est une chose assez futile pour qu'on laisse le ministère de la culture jouer les chérifs du Net et amuser la galerie, mais les sujets qui occupent la LOPPSI sont assez graves pour ne souffrir d'aucune approximation ou malfaçon législative dictée par l'e-gnorance ambiante tellement perceptible pendant les débats sur HADOPI.
Le filtrage du Net et l'utilisation de spyware gouvernementaux sont 2 éléments inacceptables que les dispositions du texte actuel nous promettent. Ce temps de réflexion que s'accorde Brice Hortefeux sera t-il mis à profit d'une manière positive ? Tout porte à le croire puisque le ministre souhaite consulter la société civile pour être en mesure de se faire une idée plus précise des dérives possibles et des points de faiblesse que son texte pourrait subir à l'instar de Création et Internet, devenu un véritable VietNam pour le gouvernement.







